A l'ombre des mots & Les Collections Éphélides

La magie de la poésie
 
AccueilPortail.S'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Instants d'une vie (Un nouveau jour commence)

Aller en bas 
AuteurMessage
Vae-primat
Flamme du forum.
Flamme du forum.
avatar

Nombre de messages : 388
Date d'inscription : 03/11/2008

Jeux du forum.
Points du joueur.:
310/500  (310/500)

MessageSujet: Instants d'une vie (Un nouveau jour commence)   Ven 3 Sep 2010 - 20:35

Je ne sais pas trop où le caser, vu le sujet.
Au besoin vous pouvez le déplacer vers la rubrique qui vous semblera la plus appropriée


Instants d'une vie (Un nouveau jour commence)

Elle sort, d’avoir pris sa douche, enveloppée d’un kimono rose que décore une gerbe de fleurs multicolores. Elle avance lentement en essuyant énergiquement sa longue chevelure noire ce qui imprime un frémissement de tout son corps. Ses seins lourds balancent et ses hanches généreuses frétillent lui donnant, avec sa démarche, l’air de danser. La lumière vive de la salle de bain, contrastant avec la lumière tamisée du salon, la devine nue sous le fin tissu que l’humidité de la peau colle au galbe du corps. Elle s’arrête à proximité du canapé, s’extirpe de l’essuie qu’elle jette négligemment sur une chaise, me regarde et m’interpelle en s’examinant :
- Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
- Rien, je te regarde.
- Pousse-toi ! Fais-moi de la place !
Fait-elle en m’indiquant d’une main la direction à suivre tandis que de l’autre elle s’empare d’un énorme coussin qu’elle lance sur le divan. Sans me prêter attention, elle se tourne vers la table et ausculte son beauty-case. Quelques secondes plus tard, elle en extrait une brosse à cheveux qu’elle exhibe comme un trophée :
- Ah, ha !
Aussitôt, elle se dirige vers moi, me fait lever les bras, cale le coussin sur mes genoux et l’accoudoir, me donne la brosse et ordonne :
- Tu vas me peigner les cheveux ! Et fais-y gaffe ! Je suis sensible !
La seconde suivante elle est allongée dans le divan, sur le ventre, la tête offerte à mes soins. Au passage, son installation m’a labouré les côtes de son coude. Ce dont, de prime abord, elle n’a cure. Je commence à la brosser distraitement faisant suivre la brosse d’une caresse de la main. Mon regard suit les courbes de son dos, le galbe de ses fesses, la forme de ses jambes.
- Aïe ! À quoi tu penses ? Vas-y doucement ! J’suis fragile ! Termine-t-elle dans un rire étouffé
- Pardon, j’étais distrait.
- Ben, celle-là on ne me l’avait pas encore faite ! Tu as une fille superbe, MOI, sur les genoux et tu es distrait !! Et on peut savoir par quoi ?
- Bin, par toi, justement !
- Mouais, tu t’es bien rattrapé ! Mais maintenant fais attention à ce que tu fais !

La lourde chaleur moite de ce soir de mois de Juillet m’a convaincu, afin d’avoir un soupçon de fraîcheur d’ouvrir toutes les fenêtres et de virer mon tee-shirt. C’est ainsi que je peux sentir l’humidité et la chaleur de son corps à travers son kimono. Il émane d’elle un parfum plus capiteux qu’un whisky douze ans d’âge. Mélange de jasmin, de vanille, de cannelle et d’épices que j’aspire avec délice
- Ça va ?
- Oui, pourquoi ?
- Tu as une drôle de respiration !
- Sans doute la cigarette ! Cela fait un moment que je n’ai tiré une bouffée !
- Ben, ça ne te fait pas de mal de t’en passer d’une !
- Sans doute….
Sur ce, elle se réinstalle plus confortablement en me triturant une fois de plus les côtes :
- Parle-moi !
- Pardon ?
- Parle-moi ! Dis-moi quelque chose !
- Que veux-tu que je te dise ?
- J’sais pas moi ! Parle-moi de toi, de ton travail…… Ou,non ! Parle-moi de ta poésie ! Qu’est-ce qui t’inspire ?
Afin de me faire face, elle a accompli une demi-révolution. Demi parce qu’elle est passée du ventre au dos. Révolution parce que, dans le mouvement, tout un pan du kimono a glissé dévoilant jusqu’à hauteur de la taille, une longue superbe jambe.
- Ben, alors ? T’es devenu muet ? J’attends ! Ah, t’as plus de bagout quand c’est pour parler d’Elle que pour me faire la conversation !
- On s’était promis de ne plus en parler…..
- Oui, je sais ! Excuse-moi ! Alors ? Ton inspiration ? Et continue de brosser mes cheveux ! J’adore ! J’y passerai des heures !
S’est-elle rendu compte qu’elle est là, pratiquement nue sous mes yeux, ou feint-elle de ne pas le savoir ? Malgré moi, mon corps réagit et je prie que le coussin en amortisse l’effet. Elle a fermé les yeux et un petit sourire mutin se dessine sur ses lèvres. Elle apprécie le brossage ou la torture qu’elle m’inflige ? Je lui parle mécaniquement de la façon de composer un texte. Du choix d’un sujet selon l’humeur du moment ou selon les évènements vus, entendus ou lus. Des textes en réplique ou en complément à d’autres écrits. Du choix de la forme selon la source d’inspiration et tout un discours sur la concordance des sons, du sens et de la conduite du sujet.

Mes yeux suivent un mouvement pendulaire allant de l’observation méticuleuse de ses formes, depuis son cou jusqu’aux orteils avec halte soutenue sur cette jambe magnifique luisant de ses restes d’humidité à la clarté que la lune dispute à la petite ampoule économique de l’abat-jour, à la contemplation admirative de son visage, avec un arrêt involontairement prolongé sur ses lèvres. Elles m’attirent comme un aimant et je sens ma volonté céder à l’envie de l’embrasser. Je ne dois pas ! Je suis certain qu’on perdrait cette complicité qui nous unit. Pourtant, malgré moi, je suis attiré vers elles. Je me penche……
Et, comme si elle avait anticipé le mouvement, elle se tourne sur le côté. Manifestement, elle s’est endormie. En même temps, l’impulsion ayant causé un ballottement de la poitrine, le haut du peignoir s’est ouvert exposant à ma vue la splendeur de son sein. J’en déglutis d’envie réprimée.
Je l’observe et imagine toute une série de scénarii plus délirants les uns que les autres. Mon envie est à son comble et j’ai un mal fou à me contrôler. J’en suis tellement inhibé que j’en oublie de continuer à lui brosser les cheveux. Je dois avoir l’air d’un chien affamé devant un gigot d’agneau. J’ai beau me raisonner, je ne parviens pas à arrêter le tremblement qui s’est emparé de mes jambes.
Bon sang qu’elle est belle ! J’ai l’impression de la voir ainsi pour la première fois. Pourtant, elle en montre moins que lorsqu’on jouait sur la plage. Mais là, dans cette lumière indécise, elle m’a l’air d’un ange.
- Ben ? Tu t’es arrêté ! Tu es fatigué ?
Sa voix me surprend et, curieusement, m’aide à me reprendre :
- Non, c’est juste que ce côté a eu plus que son compte de brossage. Je voudrais pas abîmer tes cheveux ! Répondis-je avec un sourire forcé.
Je n’avais pas fini ma phrase que, me labourant une nouvelle fois les côtes, elle se retournait pour me faire face. Enfin, face, si on veut car en réalité elle enfuit son visage contre mon ventre.
- Tu pouvais mal de me dire que mon peignoir s’était ouvert. Hein ? Vicieux ! fit-elle en me lançant une œillade en coin.
Je sentis mon visage s’empourprer et le pavillon de mes oreilles devenir brûlant. Pourvu que la semi-obscurité masque mon émotion.
- Hum, tu sens bon !
Accompagnant la remarque, elle me donna un bisou sur le ventre :
- Ça c’est pour ta patience avec mes cheveux.
Immédiatement suivi d’une série de violents pincements qui remontaient du ventre à la poitrine :
- Et ça c’est pour t’être rincé la vue !
Me défendant contre cette tigresse dont chaque pincement me laissait une marque, je lui bloquai les poignets et après une courte lutte, l’obligeai à arrêter. Ce faisant nous nous retrouvâmes visage contre visage, les yeux dans les yeux, à quelques centimètres. Mon regard allait de ses yeux à ses lèvres et de ses lèvres à ses yeux.
Nous sommes restés ainsi un instant qui me parut une éternité. Puis, comme à regret, nous nous sommes reculés et elle s’est assise, silencieuse, la tête baissée. Je la pris dans mes bras, elle posa sa tête sur mon épaule et pleura……Longtemps, silencieusement. Puis finit par s’endormir.

La bagarre avait complètement ouvert le peignoir et il ne cachait plus rien de la beauté de sa féminité épanouie. Pourtant, à cet instant précis, j’avais une pointe douloureuse au cœur et au ventre. Une douleur indicible, indéfinissable me tordait les entrailles. Je souffrais pour elle.
Depuis que son géniteur l’avait abandonnée, voici bientôt dix-huit ans, à l’âge de quatre ans, je m’en étais occupé comme un père, plus qu’un papa, un ami. Sans oublier les miens, je lui donnais plus, lui accordais plus de temps, plus de patience comme si, quelque part, je voulais expier la faute de cet enfoiré qui l’avait délaissée, comme si je voulais réparer l’erreur que mon géniteur avait commise………
Toutes les petites filles veulent épouser leur père mais elles changent d’avis en grandissant. Elle, elle détestait les hommes. Et il a fallu qu’elle tombe amoureuse du seul que famille, entourage, société, morale et religion lui refuseraient

Pendant ce bref instant où nous avions failli basculer, tout un avenir était passé devant nos yeux. Et ce futur était noir, sombre et sinistre.
Je lui avais souvent parlé de la beauté de l’amour et du prince charmant. Et me voilà en charge de lui expliquer que, pour son propre bonheur, elle devait y renoncer. Maintenant que sa mère l’avait aussi abandonnée que ses frères et sœurs, la cause aurait été vite entendue quant à excuser « la fugitive » de ses actes pour l’accabler de tous les maux, elle.
Et me voilà avec un autre dilemme sur les bras…….. Et moi ?
Que suis-je encore ? Un père ? Un ami ? Un soupirant ? Un pervers ?
Le soleil frappe à la porte. Un nouveau jour commence……..
Revenir en haut Aller en bas
marie
Flamme du forum.
Flamme du forum.
avatar

Féminin Nombre de messages : 1801
Age : 59
Localisation : dans le coeur d'un ange ...
Date d'inscription : 25/06/2008

Jeux du forum.
Points du joueur.:
460/500  (460/500)

MessageSujet: Re: Instants d'une vie (Un nouveau jour commence)   Sam 4 Sep 2010 - 0:02

Je ne sais pas s'il est ou pas à sa place dans cette rubrique mais ce que je sais c'est que j'ai adoré le lire ce texte !

Il interpelle vraiment !! Il parle d'amour et de raison et j'espère que l'amour gagnera Smile

Merci c'est un bonheur de retrouver tes textes Vaé , ils m'ont manqué et tu m'as manqué !!


merci.

Marie
Revenir en haut Aller en bas
Vae-primat
Flamme du forum.
Flamme du forum.
avatar

Nombre de messages : 388
Date d'inscription : 03/11/2008

Jeux du forum.
Points du joueur.:
310/500  (310/500)

MessageSujet: Re: Instants d'une vie (Un nouveau jour commence)   Sam 4 Sep 2010 - 5:34

marie a écrit:
Je ne sais pas s'il est ou pas à sa place dans cette rubrique mais ce que je sais c'est que j'ai adoré le lire ce texte !

Il interpelle vraiment !! Il parle d'amour et de raison et j'espère que l'amour gagnera Smile

Merci c'est un bonheur de retrouver tes textes Vaé , ils m'ont manqué et tu m'as manqué !!


merci.

Marie
Si cela ne dépendait que d'eux, je pense qu'il n'y aurait pas de problèmes....... Mais il y a les autres et, comme on dit, l'enfer, c'est les autres.
Parfois, pour faire le bonheur de ceux qu'on aime, faut les pousser à partir.

Merci, toi aussi tu m'as manqué.
J'espère que tu vas bien
Prends soin de toi
Bisous
Vae
Revenir en haut Aller en bas
chriss
Flamme du forum.
Flamme du forum.
avatar

Féminin Nombre de messages : 2836
Age : 55
Localisation : Belgique
Date d'inscription : 06/03/2010

Jeux du forum.
Points du joueur.:
110/500  (110/500)

MessageSujet: Re: Instants d'une vie (Un nouveau jour commence)   Mar 7 Sep 2010 - 17:41



Coucou

Il voudrait l'aimer la serrer dans ses bras

Mais il ne peut pas puisque qu'il est pour elle comme un père

Si il n'y a pas de lien du sang alors oui l'amour pourrai triompher !!!

Revenir en haut Aller en bas
Vae-primat
Flamme du forum.
Flamme du forum.
avatar

Nombre de messages : 388
Date d'inscription : 03/11/2008

Jeux du forum.
Points du joueur.:
310/500  (310/500)

MessageSujet: Re: Instants d'une vie (Un nouveau jour commence)   Mar 7 Sep 2010 - 18:45

chriss a écrit:


Coucou

Il voudrait l'aimer la serrer dans ses bras

Mais il ne peut pas puisque qu'il est pour elle comme un père



Il n'est pas comme son père. Il est son père !
Le père n'est pas celui qui fait un enfant, c'est celui qui l'élève.
Qui se lève la nuit quand l'enfant pleure, qui s'inquiète quand il est en retard, quand il est malade, quand il est triste...
Citation :
Si il n'y a pas de lien du sang alors oui l'amour pourrai triompher !!!
Pour qu'un nouveau jour commence.......
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Instants d'une vie (Un nouveau jour commence)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Instants d'une vie (Un nouveau jour commence)
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A l'ombre des mots & Les Collections Éphélides :: Vos écrits, leurs écrits... :: Polars Noirs...-
Sauter vers: